Les méthodes analytiques et de chronologie

La datation par le radiocarbone

La datation par le radiocarbone (ou carbone 14 ou 14C) est une méthode clé pour aborder les questions de chronologie des sites archéologiques et des couches sédimentaires dans les carottes lacustres sur les 50000 dernières années. Elle est basée sur la radioactivité naturelle de l’isotope 14 du carbone formé dans l’atmosphère. A la mort d’un organisme les échanges avec l’atmosphère cessent et le taux de 14C commence à décroitre. Le taux mesuré est ensuite calibré pour obtenir une probabilité sur l’âge calendaire des échantillons.

Ces datations 14C s’effectuent sur un large panel de matériaux, plus particulièrement ossements, charbons et restes végétaux en archéologie. Dans le projet (Thème 1) nous utilisons en sus la datation de molécules spécifiques, des acides gras préservés dans les céramiques archéologiques. Cette méthode est particulièrement appréciée dans des contextes ou les matériaux classiques sont absent ou la matière organique mal préservé.

Archéomagnétisme

L’archéomagnétisme est basé sur la variation séculaire du champ magnétique terrestre. Les artéfacts archéologiques chauffés, comme les terres cuites (céramiques, fours, foyers, briques), acquièrent une aimantation thermorémanente parallèle et proportionnelle au champ environnant lors du refroidissement consécutif à leur dernière chauffe à haute température. Les mesures en laboratoire permettent de retrouver cette archéodirection et archéointensité et lorsque la variation séculaire est connue dans la région concernée, la comparaison avec un référentiel fournit une datation absolue de la dernière chauffe de la terre cuite. Sur les céramiques archéologiques, seule l’intensité du champ géomagnétique est exploitable car les objets ont été déplacés depuis leur lieu de cuisson.

Dans le projet AGROCHRONO, la complémentarité de la datation par archéomagnétisme (se basant sur la dernière cuisson/manufacture) et radiocarbone (se basant sur la dernière utilisation) sur céramiques archéologiques sera explorée.

La géochimie organique moléculaire et isotopique

Les études de géochimie organique moléculaire se basent sur l’identification de cortèges moléculaires contenus dans des restes archéologiques ou environnementaux. Les molécules de nos matrices sont extraites par protocoles chimiques puis sont séparées par des méthodes chromatographiques et identifiées par spectrométrie de masse.

Les mesures de ratio isotopiques stable du carbone (13C/12C, et/ou hydrogène 2H/1H) permettent d’identifier plus précisément les sources des molécules ainsi que leurs contraintes environnementales (aridité, hydrologie).

Dans AGROCHRONO la géochimie organique est utilisée pour les questions de paléodiète (Thème 2), notamment l’identification de produits laitiers d’animaux domestiqués dans les céramiques archéologiques. Elle est également utilisée pour les reconstructions paléoenvironnementales (Thème 3) en se basant sur les biomarqueurs de végétation passée dans les carottes lacustres.