Le projet

L’émergence d’un mode de vie agropastoral en Asie du Sud-Ouest à partir de la fin du Xe millénaire avant notre ère a révolutionné l’organisation sociale des communautés préhistoriques. La diffusion de ce nouveau modèle économique et culturel a suivi plusieurs trajectoires. Une région clé pour la compréhension de ce développement comprise entre les monts Zagros et la vallée de l’Indus au Pakistan aussi connue sous le nom de zones frontalières indo-iraniennes (IIBL), est encore peu explorée. En effet les connaissances actuelles sur les dynamiques d’apparition et de dispersion de l’agropastoralisme dans cette zone restent fragmentaires et difficiles à mobiliser en raison notamment de l’absence d’un cadre chronologique robuste établissant des liens temporels entre les villages agropastoraux identifiés. Le projet AgroChrono explore en particulier le développement de l’agropastoralisme parmi les sociétés agropastorales du VIIe au IVe millénaire avant notre ère au sud du Plateau Iranien et la IIBL autour de quatre thèmes de recherche :

  1. La chronologie pour établir un cadre chronologique robuste des premières occupations agropastorales dans cette région ;
  2. L’économie, pour documenter les pratiques alimentaires des populations en lien avec l’exploitation des ressources domestiques ;
  3. Le cadre et les variations paléoenvironnementales qui ont pu influencer les modalités d’implantation de ces populations et la disponibilité des ressources naturelles nécessaires à leur subsistance ;
  4. Les liens culturels et économiques entre les différents sites identifiés, fondés sur l’analyse de la totalité des données archéologiques disponibles.

Tous ces aspects sont étudiés en utilisant une combinaison de méthodes archéologiques, bioarchéologiques et paléoenvironnementales classiques, ainsi que les derniers développements en matière de techniques biomoléculaires, isotopiques et chronométriques. Toutes les données générées seront modélisées pour tester différents scénarios sur l’émergence de l’agropastoralisme dans l’IIBL et pour déterminer notamment si celle-ci résulte d’une diffusion culturelle unique depuis la zone du croissant Fertile (Zagros, Anatolie, Mésopotamie) et/ou de trajectoires locales indépendantes.